Chapitre 5 – Sebastian
Aux anges, Sebastian court à longues enjambées pour rattraper ses amis,
Caoimhín et Ollie, le sourire radieux jusqu'aux oreilles, il les
gratifie même d'une petite danse de la joie, le genre d'attitude que
seul quelqu’un de véritablement épanoui et bien dans sa peau peut se
permettre sans avoir l'air ridicule. Laissant derrière eux les serres
des terrasses il ne peut s’empêcher de relancer le sujet au bénéfice de
ses amis :
- Vous avez vu ?! C'est la première fois ! Elle a fleuri dans ma main !
Sebastian tient encore la fleur d'hibiscus qui, quelques minutes plus tôt, était totalement fermée et s'était doucement ouverte sous son influence psychique et les conseils de Gaïa.
- C'est encore une nouvelle technique de drague archalchimique ? raille Ollie avec une moue comique. C'est un pétulant personnage qui rappelle Gimli à tous ceux qui le croisent et ont la référence en rapport.
- Pfff ! Mais non ! soupire faiblement Sebastian, habitué aux railleries de ses amis.
- Et puis vous n''avez pas besoin de cela, renchérit Caoimhín, l'Irlandais, qui dépasse Sebastian, pourtant grand, d'une tête et Ollie, de deux !
Tandis qu'ils descendent l'escalier et commencent à emprunter le pont Nord pour se rendre à la tour de l'Elément Terre, Sebastian reprend sa petite danse de la joie qui a au moins le mérite d'amuser ses deux amis, il pirouette sur lui-même et heurte rudement quelque chose ou plus exactement quelqu'un comme il s'en rend compte instantanément, prenant de plein fouet la sensation de douleur ressentie par la personne qu'il vient de percuter. Mû par l'instinct du guérisseur protecteur tout autant que par l'empathie qu'il ressent pour la couleur de son aura et le mélange chaotique d'émotions dont elle semble la proie, il referme intuitivement ses bras autour d'elle et la presse un instant contre lui avant de faire un pas en arrière et contempler la silhouette svelte et échevelée qui lui fait face.
Les joues écarlates, Loreline s'excuse de sa maladresse en fuyant le regard azur et serein posé sur elle. Sebastian incline la tête sur le coté et lève le sourcil droit en lui disant doucement :
- C'est plutôt à moi de m’excuser, je faisais l'idiot et je ne regardais absolument pas où j'allais. Je suis vraiment navré.
Il prend la main de Loreline dans la sienne pour la presser chaleureusement, joignant à sa parole un geste qu'il veut réconfortant mais elle se dégage comme s'il l'avait insultée. Elle entreprend alors de ramasser ses feuilles volantes éparses et sans dire un mot, Sebastian se joint à la tâche.
Conscient de mettre Loreline mal à l'aise, Sebastian ne parvient pourtant pas à identifier où le bât blesse dans son attitude envers elle et en déduit avec justesse que ça ne doit pas vraiment venir de lui.
Loreline semble s’être légèrement recentrée, après avoir violemment été tirée de sa rêverie et confrontée à l'objet de ses affections de la manière la plus ridicule possible... Elle époussette son sac à bandoulière pour se donner une contenance et ose enfin regarder Sebastian en face, avec l'impression de faire des phosphènes trop longtemps...
- Vraiment désolée, j'aurais aussi du regarder où j'allais, formule-t-elle de la voix la plus stable et assurée qu'elle peut produire.
Sebastian lui adresse son célèbre sourire à fossettes qui fait même fondre les Tvish, du moins c'est ce que les légendes racontent, et lui demande, à brûle-pourpoint :
- Que faites-vous pour Tula ?
Tula, c'est la Fête de l'Equinoxe d'automne. Désarçonnée par la question, sachant que les premières années n'assistent pas aux rituels dans le Concilium, Loreline ne comprend pas bien ce qu'il entend par là.
- Et bien... Je... Rien...
- Parce que je vais m'occuper du Temple de l'Eau pour la Fête des Ondines, Gaïa m'en a confié la responsabilité, dit-il, une pointe de fierté dans la voix.
- Est-ce que vous me donneriez un coup de main ? reprend-il en la fixant droit dans les yeux.
Loreline prend quelques secondes pour réfléchir, trouvant véritablement surréaliste que Sebastian puisse avoir besoin d'elle pour une tâche qu'il accomplirait certainement mieux seul ou avec sa nuée d'amis habituels. Pourtant elle répond, sans perdre trop de temps à mentaliser :
- D'accord...
Dans une forme d'enthousiasme quasi enfantin il lui adresse son plus éclatant sourire, lui fait une demi accolade sur l'épaule droite et la salue d'un : « A jeudi au Temple de l'Eau ! Prenez soin de vous ! »
Il s'éloigne à longues enjambées pour rattraper ses amis lorsqu'il se ravise, fait trois pas en arrière et vient épingler sur l'encolure de la veste bleue à carreaux de Loreline, une fleur d'hibiscus un peu froissée :
- Pour me faire pardonner d’être une brute !
Bien des mots passent par la tête de Loreline pour définir Sebastian mais « brute » n'en est clairement pas un. Elle caresse les pétales de l'hibiscus d'un air absent en reprenant sa route. Qu'a-t-elle donc accepté en donnant son accord pour s'occuper du Temple de l'Eau et de la Fête des Ondines ? Sebastian entend-il qu'ils vont s'occuper de cette tâche seuls ou le lui a-t-il proposé comme il l'aurait fait à n'importe qui d'autre ? Elle se dit qu'elle sera vite fixée car jeudi c'est dans deux jours, 48 heures. Dans 48 heures, elle va décorer un Temple avec Sebastian, elle sourit d'un air léger, qu'il est bien rare de lui voir, en quittant le pont pour retourner à la Grande Bibliothèque et essayer d'avancer sur son Épreuve du Bâtisseur...
Sebastian tient encore la fleur d'hibiscus qui, quelques minutes plus tôt, était totalement fermée et s'était doucement ouverte sous son influence psychique et les conseils de Gaïa.
- C'est encore une nouvelle technique de drague archalchimique ? raille Ollie avec une moue comique. C'est un pétulant personnage qui rappelle Gimli à tous ceux qui le croisent et ont la référence en rapport.
- Pfff ! Mais non ! soupire faiblement Sebastian, habitué aux railleries de ses amis.
- Et puis vous n''avez pas besoin de cela, renchérit Caoimhín, l'Irlandais, qui dépasse Sebastian, pourtant grand, d'une tête et Ollie, de deux !
Tandis qu'ils descendent l'escalier et commencent à emprunter le pont Nord pour se rendre à la tour de l'Elément Terre, Sebastian reprend sa petite danse de la joie qui a au moins le mérite d'amuser ses deux amis, il pirouette sur lui-même et heurte rudement quelque chose ou plus exactement quelqu'un comme il s'en rend compte instantanément, prenant de plein fouet la sensation de douleur ressentie par la personne qu'il vient de percuter. Mû par l'instinct du guérisseur protecteur tout autant que par l'empathie qu'il ressent pour la couleur de son aura et le mélange chaotique d'émotions dont elle semble la proie, il referme intuitivement ses bras autour d'elle et la presse un instant contre lui avant de faire un pas en arrière et contempler la silhouette svelte et échevelée qui lui fait face.
Les joues écarlates, Loreline s'excuse de sa maladresse en fuyant le regard azur et serein posé sur elle. Sebastian incline la tête sur le coté et lève le sourcil droit en lui disant doucement :
- C'est plutôt à moi de m’excuser, je faisais l'idiot et je ne regardais absolument pas où j'allais. Je suis vraiment navré.
Il prend la main de Loreline dans la sienne pour la presser chaleureusement, joignant à sa parole un geste qu'il veut réconfortant mais elle se dégage comme s'il l'avait insultée. Elle entreprend alors de ramasser ses feuilles volantes éparses et sans dire un mot, Sebastian se joint à la tâche.
Conscient de mettre Loreline mal à l'aise, Sebastian ne parvient pourtant pas à identifier où le bât blesse dans son attitude envers elle et en déduit avec justesse que ça ne doit pas vraiment venir de lui.
Loreline semble s’être légèrement recentrée, après avoir violemment été tirée de sa rêverie et confrontée à l'objet de ses affections de la manière la plus ridicule possible... Elle époussette son sac à bandoulière pour se donner une contenance et ose enfin regarder Sebastian en face, avec l'impression de faire des phosphènes trop longtemps...
- Vraiment désolée, j'aurais aussi du regarder où j'allais, formule-t-elle de la voix la plus stable et assurée qu'elle peut produire.
Sebastian lui adresse son célèbre sourire à fossettes qui fait même fondre les Tvish, du moins c'est ce que les légendes racontent, et lui demande, à brûle-pourpoint :
- Que faites-vous pour Tula ?
Tula, c'est la Fête de l'Equinoxe d'automne. Désarçonnée par la question, sachant que les premières années n'assistent pas aux rituels dans le Concilium, Loreline ne comprend pas bien ce qu'il entend par là.
- Et bien... Je... Rien...
- Parce que je vais m'occuper du Temple de l'Eau pour la Fête des Ondines, Gaïa m'en a confié la responsabilité, dit-il, une pointe de fierté dans la voix.
- Est-ce que vous me donneriez un coup de main ? reprend-il en la fixant droit dans les yeux.
Loreline prend quelques secondes pour réfléchir, trouvant véritablement surréaliste que Sebastian puisse avoir besoin d'elle pour une tâche qu'il accomplirait certainement mieux seul ou avec sa nuée d'amis habituels. Pourtant elle répond, sans perdre trop de temps à mentaliser :
- D'accord...
Dans une forme d'enthousiasme quasi enfantin il lui adresse son plus éclatant sourire, lui fait une demi accolade sur l'épaule droite et la salue d'un : « A jeudi au Temple de l'Eau ! Prenez soin de vous ! »
Il s'éloigne à longues enjambées pour rattraper ses amis lorsqu'il se ravise, fait trois pas en arrière et vient épingler sur l'encolure de la veste bleue à carreaux de Loreline, une fleur d'hibiscus un peu froissée :
- Pour me faire pardonner d’être une brute !
Bien des mots passent par la tête de Loreline pour définir Sebastian mais « brute » n'en est clairement pas un. Elle caresse les pétales de l'hibiscus d'un air absent en reprenant sa route. Qu'a-t-elle donc accepté en donnant son accord pour s'occuper du Temple de l'Eau et de la Fête des Ondines ? Sebastian entend-il qu'ils vont s'occuper de cette tâche seuls ou le lui a-t-il proposé comme il l'aurait fait à n'importe qui d'autre ? Elle se dit qu'elle sera vite fixée car jeudi c'est dans deux jours, 48 heures. Dans 48 heures, elle va décorer un Temple avec Sebastian, elle sourit d'un air léger, qu'il est bien rare de lui voir, en quittant le pont pour retourner à la Grande Bibliothèque et essayer d'avancer sur son Épreuve du Bâtisseur...



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